à l’heure du linge qu’on décroche

15/08/2022 soir serein

Te voici retourné à l’ombre des escarpements
cueilleur d’épines et de murmures
Aux buissons désertés
recueilli
(vaches et veaux ont pris leurs quartiers au-dessus
te laissant tout loisir
de visiter les espaces de pâture)
Un chemin de griffures
et au bout inespéré
ce qu’il faut d’excitation des papilles
Les nuées désertent sangles et ressauts
(roches et terres étendues
aux chaleurs du jour
du grand essorage en ont terminé)
C’est l’heure du contre-jour
où nez levé vers le liseré
se décroche le linge séché
C’est l’heure des souvenirs naissants qu’ils empilent dans leur coffre
les citadins s’en retournant
Voici venus les instants suspendus
Sursis qu’on étire
savourant de demeurer ici
à mi-chemin entre bas et haut

Cueilleur d’épines et de mûres
précocement mûres
dans une déclinaison de lenteur
dérisoire rendement de la tâche
prémisse des confitures de si peu

Voici le moment des bocaux revenus à la lumière
de la cuisine ruche
des éclats d’une voix rendue
par la saveur promise
alerte

Pendant ce temps
elle
d’une journée éclose emplie
rend de sa main juvénile
d’un cœur dans le sol tracé
à la vacuité
toute grâce triomphante




numéros s’affichant indésirables

08/08/2022 mon oeil !

Tu dénoues sur la toile
les mots d’instants phosphorescents
Halos qu’on effleure ou qu’on tisse
reliefs que la dialectique accommode
telles des gourmandises
prises entre deux satiétés

Des dérives de l’Ancre
des traverses yeux ouverts
des haltes brèves
il faut bien laisser traces penses-tu
(Tu bâtis leur demeure ligne après ligne
aucune clôture aucune sonnette
L’âme des lieux y suffit)

Au passage souriront-ils
les complices de l’envol
ceux qu’au seuil généreusement on salue
ceux dont on savoure les cadeaux
à l’entrée déposés

Au passage saisiront-ils le sens
ceux-ci qui t’entendront
à leur encontre marmonner
(Peut-être qu’à la pointe d’un regard
là où tu fouilles la mémoire et les failles
au dialogue entretenu avec leur ombre
confus s’écarteront-il)

(Tu bâtis une demeure)

Car voici que se frottent aux murs
quelques chats minaudant
des marchands de sornettes
vendeurs de salsepareille
d’élixirs à deux sous
diffuseurs de conseils
à la survie de l’âme
impérieux
gourous auto-déclarés
trafiquants d’influences
Numéros s’affichant indésirables
tripotant à peine les onglets
aimant à toute volée
petits rapaces du net
piaillant et virevoltant
(clic clic clic)

Tu lessives le seuil
nettoies les graffitis
Du cours des mots aimés
des tiens des autres
reprends en toute simplicité
le fil
et tu te dis que tout cela n’est
de toute manière
pas très important



ainsi vont Les enfants du Paradis*

juin 2022 / Paris Paname


Flou de l’objectif
Ton Sépia

Sur un tapis volant
l’innocence s’en va
qui de nos bordures
déborde et s’échappe
des radars s’amenuise
Ainsi vont les enfants
qui dans notre conversation
glissaient dessins bâtons et cajoleries
bons mots et étranges colères
rires et mélodies si vite envolées
Sur un tapis volant ils emportent
de leur inventivité toute l’incertitude
Ils vont ainsi

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à l’arrière plan, les statues de porcelaine

Le court montage (5mn) qui suit mêle un travail graphique à partir de photos « Google Maps » de Marioupol encore entière et vivante, et un texte écrit il y a 9 mois , lorsque la vie occupait de nouveau nos places et terrasses.
Répondre à l’énigme par une autre énigme, n’est pas déjà résister à la soumission ?



sur le bas-côté, une aire de quiétude

juin 2018 / vers la pointe du Minard

Je voyais les humains aux yeux écarquillés
et le voile qui efface les bonheurs
Une course désespérée
et la branche du nid
qu’on tronçonne sans vergogne

Inaudibles les mots
Tus les mots

Sur un bas-côté
entre asphalte et épineux
elle viendra à nous
l’aire de quiétude
et on s’y retrouvera

Tu plisseras les yeux
aucun soleil pourtant
et au singulier de mon langage
tu me reconnaitras

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publication

Sur la route une borne
telle une entorse faite à la résignation
J’avais laissé là
avec l’incertitude qui sied au geste
une partie de moi
Et voici inscrit ici
la modeste obole

L’appel à écrire de Daniel Brochard a résonné en moi. Sa forme, l’interpellation et l’engagement.
J’ai plaisir à partager avec vous ma première participation à une revue, qui de plus fait sens pour moi.
Une revue fragile qui a besoin d’être soutenue.

La route etait délicate
et nous manquions de cette délicatesse
qui embellit les
âmes
Aussi nous réprimes la route

petites fugues et alinéas / rendez-vous manqué

La vidéo qui suit répond au texte du post précédent. Il ne s’agit pas d’une interprétation mais d’une expérience visuelle construite avant le texte. En introduction on trouvera des extraits de ce même texte, avant la vidéo à proprement parlé. Les images ont été prises en caméra embarquée, début avril. Le parti pris d’un flou esthétique répond à la nécessité d’un respect du droit à l’image et à celui de servir le propos.
Durée 5mn30

la vague les emporte

Particules transfrontalières
nous franchirions
regards tendus vers les brumes d’horizon
les limites devenues invisibles

Je demeure ici ou là
dans de multiples asiles
le curieux par nature
l’évadé de la cage
le franchisseur de clôtures

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