sur un banc vert bouteille, une chaloupe

30/11/21 Jardin Villemin

Aux lumières chapelets clignotant
Aux mille étoiles pendues
ton sommeil nimbé

Tu alignes des mots
tout droit sortis de l’abécédaire de tes agitations
et de l’écho tu n’attends plus le souffle qui rassure
Tu alignes les mots

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piédestal de sel et d’amertume

27/11/21 à République

Au piédestal les statues dans l’immortel scellées
Sur la perspective des pavements
je ramasse au sol les fleurs
Fleurs de larmes d’amertume séchées
quand à l’envol des discours s’affolent les réverbères
quand au bruit des écrous
aux fenêtres
les orphelins agitent les mouchoirs

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à la mémoire

janv 20 / retour à la case hiver

Offrez-leur pour tout bagage
une mémoire de piaf
(et ce serait insulte faite aux piafs)
et les voilà qui braient en troupeau rassemblé
Merde aux leçons d’Histoire qui ne suffirent pas
Merde aux contours du droit qu’on enfreint sans vergogne
Aux regards qui broient
aux discours ravageurs
quand la contagion empeste la cave putride
une sueur froide entre mes omoplates

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sur le bas-côté, une aire de quiétude

juin 2018 / vers la pointe du Minard

Je voyais les humains aux yeux écarquillés
et le voile qui efface les bonheurs
Une course désespérée
et la branche du nid
qu’on tronçonne sans vergogne

Inaudibles les mots
Tus les mots

Sur un bas-côté
entre asphalte et épineux
elle viendra à nous
l’aire de quiétude
et on s’y retrouvera

Tu plisseras les yeux
aucun soleil pourtant
et au singulier de mon langage
tu me reconnaitras

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cendrées

mars 2020 / bois

La terre de cendres se couvrait
Habits de colère anthracite
où au désastre l’étincelle suffit

Et eux fouillaient cette noirceur
quêtant quelque résidu
quêtant leur mémoire
dans les signes de suie
sur leur visage tracé

Quel sol fouler à présent
cendrées où la piste se brouille
quand  fond sur nous l’horloge
quand aux augures qu’on énonça
on couvre la raison
d’un voile de faux fuyants

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un bon samaritain

N’en déplaise (ou n’en déplaise pas) aux suiveurs de ce blog, je fus croyant et de la parabole du bon samaritain je dus, crédule enfant que j’étais, un nombre non négligeable de fois, en suivre la lecture et l’homélie .
J’y ai vu un message de solidarité me semble t-il. A mon insu, il m’en est sûrement resté quelques séquelles.
Habitants à l’époque au nord de la banlieue nord de Paris, d’un milieu modeste mais profitant de l’essor des trente glorieuses, nous suivions notre mère dans les magasins parisiens dans le but de nous équiper, ainsi que notre demeure, de pied en cap. Internet n’existait pas, Amazon et consort non plus, le Marché Saint Pierre, Tati, le BHV et la Samaritaine faisaient donc partie des passages obligés, leurs tarifs correspondant au contenu de la bourse familiale.

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Nous ne sommes pas dupes

Depuis plusieurs années ce blog héberge mes billets d’humeur et cette exaspération qui transpire dans certains de mes poèmes. Dans la catégorie « un monde à l’ouest », je dépose des chroniques qui serviront d’éditorial au site internet de Radio Grésivaudan, radio locale et associative qui approche ses quarante ans de vie malgré vents mauvais et coups bas.
Ce préambule pour vous avertir du caractère ouvertement politique du texte qui suit, au cas où…

C’est l’histoire de notre monde. D’une duperie magistrale.
D’un côté les discours officiels. De l’autre la vie réelle des gens.

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Acceptabilité ! acceptabilité ! est-ce que j’ai une gueule d’acceptabilité !

Acceptabilité : Caractère de quelque chose qui est plus ou moins tolérable. Caractère d’un énoncé qui est facilement compris ou naturellement émis par les sujets parlants. (Larousse)

Après m’avoir exhorté à la résilience, prononcé les mots tels que « hors de question » et « serrer la vis », m’avoir donné du « procureur », m’avoir gorgé d’injonctions toutes plus paradoxales les unes que les autres, voici que soudain on se soucierait de mon acceptabilité.
Mon acceptabilité sociale. Voici un mot qu’avec ironie, je triture et mâchouille comme un caramel, cherchant d’abord quel goût il peut bien avoir, et finalement de dégoût le recrachant.

Ce vocable certainement susurré à l’oreille du prince par un zélé conseiller en communication me reste en travers de la gorge.
Car de quelle acceptabilité s’agit-il

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loin des rumeurs des caddies

Au furtif des silhouettes
les trottoirs dérobés
la solitude des parvis

Des salles obscures
rien ne filtre
Sur leur miroir terni
le blanc d’une page
Au vol des mots dont on devine le vide
et on passe son chemin
le regard rendu à d’autres abandons
L’innocence d’un passé qui s’estompe
une lessive sans pitié pour les sentiments
et l’incertitude qui étreint Lire la suite