sur le bas-côté, une aire de quiétude

juin 2018 / vers la pointe du Minard

Je voyais les humains aux yeux écarquillés
et le voile qui efface les bonheurs
Une course désespérée
et la branche du nid
qu’on tronçonne sans vergogne

Inaudibles les mots
Tus les mots

Sur un bas-côté
entre asphalte et épineux
elle viendra à nous
l’aire de quiétude
et on s’y retrouvera

Tu plisseras les yeux
aucun soleil pourtant
et au singulier de mon langage
tu me reconnaitras

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cendrées

mars 2020 / bois

La terre de cendres se couvrait
Habits de colère anthracite
où au désastre l’étincelle suffit

Et eux fouillaient cette noirceur
quêtant quelque résidu
quêtant leur mémoire
dans les signes de suie
sur leur visage tracé

Quel sol fouler à présent
cendrées où la piste se brouille
quand  fond sur nous l’horloge
quand aux augures qu’on énonça
on couvre la raison
d’un voile de faux fuyants

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un bon samaritain

N’en déplaise (ou n’en déplaise pas) aux suiveurs de ce blog, je fus croyant et de la parabole du bon samaritain je dus, crédule enfant que j’étais, un nombre non négligeable de fois, en suivre la lecture et l’homélie .
J’y ai vu un message de solidarité me semble t-il. A mon insu, il m’en est sûrement resté quelques séquelles.
Habitants à l’époque au nord de la banlieue nord de Paris, d’un milieu modeste mais profitant de l’essor des trente glorieuses, nous suivions notre mère dans les magasins parisiens dans le but de nous équiper, ainsi que notre demeure, de pied en cap. Internet n’existait pas, Amazon et consort non plus, le Marché Saint Pierre, Tati, le BHV et la Samaritaine faisaient donc partie des passages obligés, leurs tarifs correspondant au contenu de la bourse familiale.

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Nous ne sommes pas dupes

Depuis plusieurs années ce blog héberge mes billets d’humeur et cette exaspération qui transpire dans certains de mes poèmes. Dans la catégorie « un monde à l’ouest », je dépose des chroniques qui serviront d’éditorial au site internet de Radio Grésivaudan, radio locale et associative qui approche ses quarante ans de vie malgré vents mauvais et coups bas.
Ce préambule pour vous avertir du caractère ouvertement politique du texte qui suit, au cas où…

C’est l’histoire de notre monde. D’une duperie magistrale.
D’un côté les discours officiels. De l’autre la vie réelle des gens.

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Acceptabilité ! acceptabilité ! est-ce que j’ai une gueule d’acceptabilité !

Acceptabilité : Caractère de quelque chose qui est plus ou moins tolérable. Caractère d’un énoncé qui est facilement compris ou naturellement émis par les sujets parlants. (Larousse)

Après m’avoir exhorté à la résilience, prononcé les mots tels que « hors de question » et « serrer la vis », m’avoir donné du « procureur », m’avoir gorgé d’injonctions toutes plus paradoxales les unes que les autres, voici que soudain on se soucierait de mon acceptabilité.
Mon acceptabilité sociale. Voici un mot qu’avec ironie, je triture et mâchouille comme un caramel, cherchant d’abord quel goût il peut bien avoir, et finalement de dégoût le recrachant.

Ce vocable certainement susurré à l’oreille du prince par un zélé conseiller en communication me reste en travers de la gorge.
Car de quelle acceptabilité s’agit-il

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loin des rumeurs des caddies

Au furtif des silhouettes
les trottoirs dérobés
la solitude des parvis

Des salles obscures
rien ne filtre
Sur leur miroir terni
le blanc d’une page
Au vol des mots dont on devine le vide
et on passe son chemin
le regard rendu à d’autres abandons
L’innocence d’un passé qui s’estompe
une lessive sans pitié pour les sentiments
et l’incertitude qui étreint Lire la suite

Novembre d’outremer


Novembre prolongeait sa sieste
Sur la nappe les reliefs et les moineaux tardifs

D’indolence nous couvions les braises
papillons d’incandescence que le vent déposait
sur le drapé de nos couches
Aux excès des exécrables
nous tenions dans le giron du silence
pour toute révolte
un dialecte du mépris
Pour marque de dignité les narines au vent des cimes
invitant la courbe des vertèbres
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Hors de question de…serrer la vis

Hors de question
L’injonction, dans l’articulation précise des mots qu’elle contient, me retire avec violence toute capacité à choisir mes actes.
Serrer la vis
Son utilisation délibérée, visant à me tenir sagement, contient toute la menace des peines que j’encourrais en cas de non respect de l’injonction initiale

N’autoriser en rien toute interjection d’aucune sorte
prononcée à l’abri d’une paroi de particules électroniques
qu’en des termes portant atteinte à la dignité du citoyen
l’homme d’État pourrait proférer à mon encontre
dans le solennel d’une allocution.
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Exception faite

Exception faite des temps d’averses des matins de paupières lourdes des douleurs qui font hésiter des travaux en cours des messages urgents des choses non essentielles à dire ou à écrire … je sors
Exception faite des chasseurs des accompagnateurs des moniteurs des impératifs des professionnels de BTP des vendeurs d’essentiel des acheteurs d’essentiel des déposeurs de déchets des dames messieurs pipis des toutous des personnels de santé publique des enseignants des apprenants des trafiquants d’attestation des fumeurs de clope des promeneurs de santé publique des attestés de tous poils des gendarmes… je ne croise personne Lire la suite

Tant qu’il nous reste les mots

Obéir aux consignes du gouvernement. L’injonction encore et toujours. On pourra, sur le bien fondé de ce nouveau confinement ou pas, s’user les dents, les nerfs et la salive, en regard du danger potentiel du virus ou pas, en regard des moyens mis en œuvre pour gérer le virus ou pas. La question n’est pas dans ces doutes là, elle est ailleurs.
En nous dictant, par un discours robotique digne du serpent Ka du livre de la jungle, notre destin cloîtré puis vacciné, Macron tombe définitivement le masque.
Et avec lui, ses compères Castex, Blanquer et Darmanin, Borne.
Aucune surprise d’ailleurs, le ton était donné sur d’autres sujets : sécurité, relance économique, croissance, laïcité, éducation, immigration…
D’un côté un discours ronflant et étudié, profondément moralisateur et culpabilisant, rigoriste. De l’autre des gestes d’aumône et d’humanité pour sauver la face, contraints par le désastre provoqué par les décisions sociétales et économiques prises.

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