bref retour 26

26/01/2023 la source tue

Il faudrait mettre à l’abri
beurre et confiture
Il faudrait
au prix de l’essentiel
prendre soin
considérer l’avenir
Il faudrait
surtout

***

On vieillit sais-tu
à un carrefour entre générations
Ici on enclenche les gestes de la branche
qui nourrit ses bourgeons
Puisse t-on faire circuler la sève
avant toute sècheresse
os rouillés
corps fourbus
esprit malicieux et hagard

On vieillit sais-tu
au travers des gouttes
sur le fil qui tient les chimères ultimes

***

Je me suis fait d’arrière-saison
de zéphyrs maladifs
de pétioles et de gaines
qui à la branche s’accrochent
et je supplie la divine providence

***

Il est un bras de chaque côté
un instant séparé du monde
et impossible de s’attacher à
ce qui entre les yeux libère

bref retour 22

sept 2022 / Moissac

De mes mains à la lumière
seul le dos
la peau burinée des maladresses meurtri

La paume jamais ne s’expose
Elle fait corps avec l’ouvrage
et de l’ombre sa vitalité

De cette existence de main
il y aurait matière
et les articulations des phalanges
en écriraient la partition
Ce serait justice rendue
tant du disgracieux des ongles salis
on se détourne

***

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bref retour 20

23/08/2022 il reste encore un peu de glace

***

De l’oracle
j’attends l’averse divine qui jamais ne viendra
Ces choses là ne s’entendent
qu’au travers d’une mécanique
de masses en mouvement
l’équilibre des forces
et une mathématique que je ne comprends pas
qui égare ma pensée

***

Il y a dans les verres levés
les cicatrices et les pas chancelants
l’ivresse des clameurs
de la parole offerte
et l’amertume des promesses non tenues

***

Que sait-on du temps qui découd son ourlet
la substance s’effilochant
quand tout glisse entre les doigts
Arrive les prémices du soir
que taquine une aurore s’ébrouant
et ce flottement
l’absence de prise sur l’heure
si ce n’est le rituel d’un bivouac

bref retour 19

17/08/2022 les lignes de flottaison


(rappel)
Parce que le temps déroule
et on dit tant
qu’on en oublie
Parce que se pencher sur
oblige à l’instant
(Bref retour
)

***
Le dénuement à présent
s’échappant jusqu’aux cimes
brisants qui entrecroisent le couchant
et au travers le mystère d’une lueur s’éparpillant
***

Oh éteindre dans les lèvres
tant de paroles de circonstance
qu’on habille comme pour fête
par une telle élégance
engoncées
Oh éteindre dans d’autres lèvres
l’outrage fait au langage
des phrases sans fondement
leur vulgarité crasse
***
Tout revêt un semblant de chamade
D’un entredeux indolent
les nuées hésitent entre abandon et assouvissement
et d’une éclaircie qui insiste
le portail s’ouvre
aux errances singulières

bref retour 18

31/07/2022 ermitages

Parce que le temps déroule
et on dit tant
qu’on en oublie
Parce que se pencher sur
oblige à l’instant
(Bref retour
)

***
Pour dissuader les ombres du tableau
tu m’entretiendrais des saisons qui s’égarent
du parfum de l’aurore qu’on croise midi passé
Tu me déploierais les sortilèges
de ceux qu’enfant par les yeux grands ouverts
on avalait
la main abandonnée
dans la chaleur d’une confiance sans faille
***
Entendre dans un souffle
les graves des vêpres de Serguei
ou les premières mesures du violoncelle de Mstislav
ensorcellement ou démesure
et soleils de l’Est
qu’il faudra bien se résoudre
à prendre à rebours
quand la folie détruit si parfaite harmonie
et qu’on n’ose
dans les yeux
affronter les fantômes
qui hantent nos palais
***
Nous on supposait
ce qu’au-delà des grillages
entre les résidus d’innocence
la démesure exhibait
Et de ce qu’on supposait
les pieds piétinaient le cerveau
la pensée tournait bourrique

On comptait les canots de sauvetage
et au cordeau l’avenir des cages de luxe
On revenait aux canots
au naufrage d’une civilisation
ses rives agonisant

bref retour 15


Sais-tu
Il est des nouveau-nés aux yeux immenses
On peut y ressentir l’afflux d’une grande marée
les forces telluriques que conte si bien Homère
ou de Brunehilde l’ultime du Crépuscule
Dans l’intense du premier regard
la promesse des initiés
tant à explorer
tant à interpréter

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