bref détour 20

23/08/2022 il reste encore un peu de glace

***

De l’oracle
j’attends l’averse divine qui jamais ne viendra
Ces choses là ne s’entendent
qu’au travers d’une mécanique
de masses en mouvement
l’équilibre des forces
et une mathématique que je ne comprends pas
qui égare ma pensée

***

Il y a dans les verres levés
les cicatrices et les pas chancelants
l’ivresse des clameurs
de la parole offerte
et l’amertume des promesses non tenues

***

Que sait-on du temps qui découd son ourlet
la substance s’effilochant
quand tout glisse entre les doigts
Arrive les prémices du soir
que taquine une aurore s’ébrouant
et ce flottement
l’absence de prise sur l’heure
si ce n’est le rituel d’un bivouac

bref retour 19

17/08/2022 les lignes de flottaison


(rappel)
Parce que le temps déroule
et on dit tant
qu’on en oublie
Parce que se pencher sur
oblige à l’instant
(Bref retour
)

***
Le dénuement à présent
s’échappant jusqu’aux cimes
brisants qui entrecroisent le couchant
et au travers le mystère d’une lueur s’éparpillant
***

Oh éteindre dans les lèvres
tant de paroles de circonstance
qu’on habille comme pour fête
par une telle élégance
engoncées
Oh éteindre dans d’autres lèvres
l’outrage fait au langage
des phrases sans fondement
leur vulgarité crasse
***
Tout revêt un semblant de chamade
D’un entredeux indolent
les nuées hésitent entre abandon et assouvissement
et d’une éclaircie qui insiste
le portail s’ouvre
aux errances singulières

bref retour 18

31/07/2022 ermitages

Parce que le temps déroule
et on dit tant
qu’on en oublie
Parce que se pencher sur
oblige à l’instant
(Bref retour
)

***
Pour dissuader les ombres du tableau
tu m’entretiendrais des saisons qui s’égarent
du parfum de l’aurore qu’on croise midi passé
Tu me déploierais les sortilèges
de ceux qu’enfant par les yeux grands ouverts
on avalait
la main abandonnée
dans la chaleur d’une confiance sans faille
***
Entendre dans un souffle
les graves des vêpres de Serguei
ou les premières mesures du violoncelle de Mstislav
ensorcellement ou démesure
et soleils de l’Est
qu’il faudra bien se résoudre
à prendre à rebours
quand la folie détruit si parfaite harmonie
et qu’on n’ose
dans les yeux
affronter les fantômes
qui hantent nos palais
***
Nous on supposait
ce qu’au-delà des grillages
entre les résidus d’innocence
la démesure exhibait
Et de ce qu’on supposait
les pieds piétinaient le cerveau
la pensée tournait bourrique

On comptait les canots de sauvetage
et au cordeau l’avenir des cages de luxe
On revenait aux canots
au naufrage d’une civilisation
ses rives agonisant

bref retour 15


Sais-tu
Il est des nouveau-nés aux yeux immenses
On peut y ressentir l’afflux d’une grande marée
les forces telluriques que conte si bien Homère
ou de Brunehilde l’ultime du Crépuscule
Dans l’intense du premier regard
la promesse des initiés
tant à explorer
tant à interpréter

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bref retour 14

2012/ de la série Cahots/Chaos 60x80cm acrylique (fragments et toile entière)

Que me restera t-il quand mes paroles
tel un mauvais ciment
s’effriteront
se tarira la source fugitive du singulier
ne s’inviteront plus à l’intérieur des yeux
dans cette zone imprécise entre cortex et lumière
ces mots dont on ignore encore l’existence
rejetons du néant et de l’insistance
qui font identité

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bref retour 13

Brefs retours en arrière, qui en cette période de « vacancesscolairespapymamiefêtesdefamille » me permet d’alimenter le blog vu l’indisponibilité mentale pour écrire du neuf.
Une manière aussi d’interrompre quelques jours l’instantanéité d’une écriture dictée par …l’instant (justement). Toutefois, des textes qui restent d’actualité.
Une manière de présenter des peintures réalisées en 2012 (mes dernières)
Une petite info : j’ai ouvert un deuxième blog (voir menu du haut « rouler aux petits bonheurs ») pas vraiment poétique, à moins qu’on considère que la narration de voyage en vélocamping possède un brin de…poésie (justement)
. Pour ceux qui s’intéressent au vélo.
Merci pour vos lectures.


A l’ouest
à force de contours
on trouble l’azimut
et quand au sable d’un ressac
les pieds s’enchevêtrent
s’enfonçant un peu plus
au passage de la nappe
de l’absence de passage
faire du doute son compagnon

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bref retour 12

sept 2021/ Cap Sizun

Tu m’aurais invité
en bordure des champs de lin
à retrouver au souffle qui insiste
l’ivresse d’une onde  
et dans le bleu des pétales
une forme d’allégresse

Je n’aurais alors eu d’yeux
que pour le tracé de tes lèvres
et la suite de tes paroles
dans mon regard
se serait noyée

On se serait donné rendez-vous…

De la suite je n’ai rien retenu
Du geste de tes lèvres
mon âme seulement
à cette promesse tendue
aux retrouvailles s’empressait

Moi j’aurais voulu dire
allons voir sur les rives du fleuve
si pour consolation à ma peine
je saurai retrouver
la bonté qui persiste de nous
des îlots d’humanité dans les mouvements du jour
Juste le nécessaire qui éclaire au réveil

extrait de « rendez-vous manqué » / mai 2021

sept 2021/ St Guénolé

bref retour 11

05/10/2021 l’Herbaudière

Tu me diras
Toi qui de l’insoumission
cultive le privilège
Du chant des partisans
siffle moi encore l’air

Je répondrai
Il est des multitudes
qui piétinent des heures
pour une illustre image
pour une oreille sacrée
pour une goutte d’espoir
Et nulle part
l’énigme de nos présences
ici bas n’y trouve solution

Il est des désirs
qu’un opiniâtre  pied de grue
désespère à la longue
Mais il est aussi à rebours du fleuve
des tortillards de l’esprit
tels des transsibériens
qu’on attrape au hasard

Extrait de « il est des contre-allées où l’on se risque à contresens »
Mars 2021

05/10/2021 l’Herbaudière