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nous avions convenu du bonheur (2)

06/11/2021 résistance

 A l’indicible rien ne nous prédispose

Nous avions convenu du bonheur


mais
peut-être avions nous-négligé
à la frange du visible
l’italique des alinéas

Des fauves la voracité

Le dénuement à présent
S’échappant jusqu’aux cimes
brisants qui entrecroisent le couchant
et au travers le mystère d’une lueur s’éparpillant

Aux charmilles la résistance flamboyante
et aux sous-bois qu’ont déserté les derniers papillons
le lit froissé d’un sol
par les vents métissé

Alors à l’issue des jours
pressentis et sensés
les pas s’enfonceraient ici
loin des plaines des origines

Aux fétides des haleines
la langue tanguerait
tenterait la réplique
puis tout à fait
s’éteindrait



Des récitatifs enjambent la paresse du fleuve
Insistance des leçons
où les veilles sans but finissent par dévorer les yeux
Qu’en savions-nous
qui caressions alors l’illusion de pouvoir
et dégustions sans savoirs

les offrandes terrestres


Je plongerais mes poings serrés
au coeur du mull, du moder et le mor
Je m’aventurerais dans la tourbe et l’anmoor.

J’éviterais les caresses des fauves
embrassant tant
qu’on en devine les crocs

Les leçons profitent à ceux qui brillent
La morale aux chœurs se grime
trompant son monde

et malheurs aux vaincus


Je puiserais dans nos âges
ce qui enfoui aux vigueurs d’hivers
des racines subsiste

Chênes de Silésie
Saule du Douro
Vieux érables de l’Atlas ou de Mauricie
Hêtres de l’Euphrate
Tilleuls d’Oulan Bator
Bouleaux de Trissuli


Retrouvant les fragments épars
à l’infiniment petit
mes poings se dénoueraient
doigts à l’abandon

Sous mes lèvres au froid gercées
ma parole de nouveau se délierait
caressant d’un langage d’humain
les blessures de l’âme

Sept 21 / les mystères

2 réflexions sur “nous avions convenu du bonheur (2)

  1. Cette suite de toi, Jean-Marc, me touche comme un motet.
    Et me rappelle de manière inexplicable ces mots d’Ingeborg Bachmann: « Or seule cette douleur secrète nous rend réceptifs à l’expérience, en particulier à celle de la vérité. Nous disons très simplement et très justement, quand nous nous trouvons dans cet état, cet état lucide, douloureux, dans lequel la douleur devient féconde : mes yeux se sont dessillés. Nous ne disons pas cela pour exprimer le fait que nous percevions une chose ou un événement extérieurs, mais parce que nous comprenons ce que justement nous ne pouvons pas voir. Voilà ce que l’art devrait réaliser : réussir, dans ce sens-là, à nous dessiller les yeux. »
    Merci! ✨❣️

    Aimé par 2 personnes

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