cendrées

mars 2020 / bois

La terre de cendres se couvrait
Habits de colère anthracite
où au désastre l’étincelle suffit

Et eux fouillaient cette noirceur
quêtant quelque résidu
quêtant leur mémoire
dans les signes de suie
sur leur visage tracé

Quel sol fouler à présent
cendrées où la piste se brouille
quand  fond sur nous l’horloge
quand aux augures qu’on énonça
on couvre la raison
d’un voile de faux fuyants

Un cri
un hurlement
Cessons
Cessons

Le vois-tu le roc
sur lequel se brise notre élan

Tout corps un court instant se fige
Et de la supplique on cherche l’origine
et de la supplique on tait la destinée

Ici on fouille le pas de porte
et dans la poussière déposée
n’y trouve rien qui vaille
 
La vie reprend son cours

Il y aura d’autres cris
On hochera la tête
Cessons

Le vois-tu le grain de la pierre
Oui je le vois



De lassitude on soupirera
Tant à comprendre qu’on finit démembré
tête détournée
tension des cervicales à force

Que fouler à présent
quand au commun des gestes
la terre qu’on habite
lieu par lieu
rend les armes
Traces dans la cendrée
quand l’écheveau des existences
au juge comme coupable
inexorablement
nous désigne

Aux grands sorciers
une dérisoire et macabre danse
Des masques et des litanies
pour conjurer le sort

Et du pas de porte
aux rayons qui cognent
à la chute annoncée
on opposera les paumes retournées

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