Entre parenthèses

29/04/2021 Grenaille d’eau douce sur table en bois

Une grenaille d’eau douce
avec obstination sur nous
à l’oblique
s’abat
Relevant de leur exil
songes et chimères
elle me force au repli

Suis-je étendu au cœur d’une lande de bruyère
chaque parcelle du corps épousant d’une terre le sable les bosses et les creux
Pour seul interlocuteur le vent bavard de mes pensées
Chaque muscle chaque os tétanisés et ma carcasse clouée au sol

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la vague les emporte

Particules transfrontalières
nous franchirions
regards tendus vers les brumes d’horizon
les limites devenues invisibles

Je demeure ici ou là
dans de multiples asiles
le curieux par nature
l’évadé de la cage
le franchisseur de clôtures

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Toute l’incertitude

23/04/2021 retrouvailles

Un rien de l’air frémit
Peut-être un vent léger qui s’oublie
et au travers des mailles
se fait sonneur et libertaire
te retient pour l’instant à l’écart des vacarmes
t’entraine et dépose ta présence
sur ta terre
D’une fidélité
te rappelant au serment
toi le nomade de sang

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Une procuration

L’avancée des falaises
s’invitait sur le lit des sillons
C’était l’heure de l’oblique
des ritournelles de nuages annonciateurs
leurs transes par dessus les lignes de crête
des dernières douceurs du jour
Et la pénombre s’immisçait…

A suivre une vidéo poétique de 2 minutes, faite dans l’instant.

Les mots vagabonds (4)

Il s’en faudrait de peu que
dans l’œil qui si souvent fixe la fenêtre
s’égare le langage
L’œil dans sa solitude
peine par-delà le verre
se dépose sur quelques pâquerettes
l’hirsute d’une herbe qui tarde
L’œil qui fixe la fenêtre
quête dans le vague
les primes brises du premier souffle
et l’élan des mots vagabonds

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les mots vagabonds (3)

septembre 2012 et 2014 / asphalte

J’entends les mots qu’ils prononcent
quand à l’heure précoce
ils racontent le monde
Chaque lever cette rumeur du dehors
l’uniforme des formules
l’obsession à force de répétition
Et ce vocabulaire et le phrasé m’enveloppent
occupant du binaire l’espace de la pensée
Dans l’esprit les actes qui emprisonnent
Dans l’esprit la paresse empoisonne

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des promesses à tenir

Novembre fut d’outremer et du désordre
on savait l’insistance

Et cette saison qui déraille
Un reste de janvier qui danse en plein avril
Misère
A nous quel vin de joie quand le cep rend les armes
A nous quels délices sucrés quand aux fleurs à peine nées
sans appel d’un mauvais blizzard l’outrage est consommé
Il est des plaisirs de palais qu’on aime à convoquer
quand des diètes de l’esprit l’iniquité perdure

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dépose minute 10

04/04/2021 prunes en devenir (mais le gel…)

question posée sur le site du gouvernement êtes-vous éligible au vaccin / dix mille lits de réanimation fonctionnels pour une population de grosso modo soixante-sept millions d’âmes / à vingt heures dix sept superman m’a dit droit dans mes yeux que je serai piqué dans dix jours et je pourrai aller au théâtre dans un mois et demi / ce matin juste avant de rentrer dans un magasin de bricolage pour quelque urgence domestique quelques pensées profondes m’ont assailli / je lis dans le journal le monde effacer le désordre budgétaire du covid en cinq ans / j’enregistre ma pensée avec mon android au risque de ne m’en souvenir / éligible est-ce que j’ai une tête d’éligible / j’ai dit à ma petite fille en la regardant droit dans les yeux moi aussi je suis superman / un ratio d’un lit pour huit mille habitants vous ne vous rendez pas compte quel effort / à bien y réfléchir depuis quatre jours je peux me déplacer sur une vingtaine d’îles d’ouessant mises côte à côte / efforts budgétaires en libéral langage jusqu’à preuve du contraire ça signifie diminution des services publics et pressurisation des petites gens / elle a rigolé et dit c’est n’importe quoi / mon téléphone a enregistré quarante minutes d’ambiance commerciale mais aucune de mes paroles / pressurisation des hôpitaux justice débordée police épuisée école surchargée quartiers à l’abandon transition écologique en rade et j’en passe / pfizer astrezeneca moderna m’ont répondu négativement et orange positivement / la leçon ne suffit pas / à écouter quand l’urgence domestique ne sera plus essentielle  / mais ça ne console en rien / la vérité sort de la bouche des enfants n’est-ce pas / cherchez l’erreur /

dépose minute / chronique décalée et non poétique quoique / tranches de vie qui s’imbriquent ou pas / qu’on lit en une minute comme son nom l’indique

Petites fugues et alinéas / Parfum de liberté

Cette vidéo « expérimentale et poétique » mise en ligne fin avril 2020 avait à l’époque subi les vicissitudes d’une connexion défaillante.
Un an plus tard le propos est toujours justifié par les circonstances et la connexion en pleine forme.

Par l’un de ces hasards dont regorge la création, elle est la suite logique du texte posté il y a 3 jours « au bleu du ciel son rire déployé ».
Relookage en mode HD et nouvelle bande son pour une présentation réactualisée.
5 minutes de vivifiant et le piano de Chopin.

Merci pour votre visite.

Au bleu du ciel son rire déployé

03/04/2021 Pour mes petits enfants, Gabriel et Manon

Et l’infranchissable au détour d’un virage
Au-delà une haute dune
le vent de nord qui balaie les ajoncs
et à l’arrière invisibles et masqués
la plage et l’océan


L’enfant hésite
s’arrête
Auparavant
Il a vu cent bouches
sur le mur exposées
cent bouches divergentes

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