Forcément (6)

25/03/2021 renaissance

Les saisons appellent les saisons
De cela dans l’instant
subsiste un semblant de certitude

Dans le gras de la terre
les paroles sèment un trouble tenu
et sous le souffle de sud
d’une mauvaise ivresse
le pas va chavirant
Mais le vent a bon dos
Forcément des morsures quelques cicatrices
Forcément les portes
leur grincement
ni ouvertes ni closes
laissant passage aux humeurs
leur lot de justificatifs obscènes
et de la danse ni le gauche ni le droit

Lire la suite

les écorces chimériques

Mars 2020 / Confinement J1

La louve
dans l’épuisement des cavalcades
au rugueux du gel et du roc
à coup de crocs
avait aguerri ses petits
Insensibles
l’œil aux aguets
la babine frémissante
tels les maîtres
ils allaient

Lire la suite

dépose minute 9

Novembre 2018 / musée d’art moderne – Paris

indécence et imposture / le nombre de cent mille morts du covid atteint en france à ce jour dit-on / le ministre des finances cherche des solutions pour rembourser la dette covid / un matin je dis confinement total et basta / la commune de paris a tout juste cent cinquante ans / nous sommes au regret de vous annoncer que le spectacle ubu roi est annulé / de quelle dette parle-t-il / il s’agit bien entendu de cette révolution socialiste brutalement exterminée dans le sang / un autre matin je crie libérez les vivants la situation ne peut pas être pire / jules ferry qui a donné son nom à l’école publique a fait tirer sur le foule alors qu’il était maire de paris / une compagnie du département du nord lit de la poésie au téléphone / à balles réelles / annulé ça se saurait / un autre matin je hurle où sont les milliards économisés sur le dos de notre santé / zéro trois soixante-quatorze zéro neuf soixante-dix-neuf cinquante-deux / ainsi notre école publique n’avait pas d’autre objectif que celui d’éviter que les prolos transforment leurs enfants en révolutionnaires / et un autre matin je regarde l’herbe qui pousse d’un air hagard / salauds de pauvres / l’initiative n’est ni du ministère de la culture ni de celui de l’intérieur ni d’aucun ministère d’ailleurs / formez le rang / une compagnie de comédiens pas républicaine de sécurité voyons /à ce jour quoi de neuf docteur / respire

Novembre 2018 / Bonne Nouvelle

dépose minute 8

20/30/2021 comme un air de printemps

ceux qui ont vécu l’expérience de la mort racontent une grande lumière au bout d’un tunnel / j’ai lu que protéger la biodiversité éviterait une épidémie de pandémie / un peu tendu le père castex semble t-il / sur le trajet de retour en se penchant un peu il suit les lignes à moyenne tension qui bordent l’autoroute / sur le sujet une nécessaire piqure de rappel / pour une personne atypique l’utilisation intense des réseaux sociaux rend-elle la communication soudainement aisée / masquer les bouches nuit gravement à la liberté des paroles / les normes de sécurité des tunnels sont devenues draconiennes / connaissez vous audresselles six cent trente six habitants pas de calais / la biodiversité quoiqu’il en coûte / j’entends par là son auditoire lui prête-il plus d’attention / il y a dans les lignes de fuite dans ce défilement matière à relaxation / et ambleteuse et abainzevelle / comorbidité super contaminateur travailleurs essentiels immunité collective / je ne pense pas être atypique mais vu les circonstances / on n’a pas parlé de bouchons vendredi dans le pas de calais / capacité du système de santé écouvillonner pathogénicité / pas de canons à paris mais des bouchons / issues de secours distanciation alarme sas isolé / dicton montagnard jonquilles en fleur en février neige en mars / pour éviter toute propagation d’un éventuel incendie / les friteries aussi font grise mine / variant / combien de cadavres / le bout du tunnel

dépose minute / fragments d’histoire qui s’imbriquent ou pas et qu’on lit en une minute /

Il est des contre allées où l’on se risque à contre sens / texte seul


Le texte qui suit introduit la vidéo éponyme mise en ligne hier que je vous invite à visionner. Pour ceux que le format vidéo rebute ou pour permettre une lecture posée, je le publie ici « externalisé » dans la rubrique « mais encore ».

Plus tard tu me demanderas
les strophes qui de l’obscurité
bordent le sommeil

Je te répondrai
Si sèche est la langue du conteur
qu’aux songes tant de broc
et qu’à voix haute il préférerait les taire

Lire la suite

Petites fugues et alinéas / il est des contre-allées ou l’on se risque à contre-sens

La vidéo qui suit dure 8 minutes. Pour qui surfe sur le net c’est presque long. Alors ouvrira ou ouvrira pas…
Quelques indices toutefois et auparavant.

Petites fugues et alinéas est un espace expérimental et incertain, à la croisée d’une poésie visuelle et d’une narration onirique, dans le quel symbolique et réalité fusionnent dans un montage méticuleux.
Cette réalisation tente un pas de plus vers un constat. J’ai bien dit tente.
J’ai passé trois moments le long du cours de la Libération et au départ du Jean-Jaurès à Grenoble, courant février, pour faire des photos et filmer. L’heure, le début d’après-midi renforce l’impression de vide humain qui émane des images. J’ai conservé cette sensation, cherchant ce qui m’interpellait et témoignait d’une ville en métamorphose, d’une société rendue
morcelée par le covid dans un quartier périphérique du centre . Un quartier qui bien que je le connaisse, ne m’est pas familier. Un quartier sans vie visible d’une après-midi ordinaire
Un texte, sorte de contrepoint décalé, d’une minute trente, introduit les images qui suivront.

Se laisser porter…
Bien entendu, vos réflexions seront les bienvenues.

Merci pour votre visite.
(pour une meilleure lecture cliquer sur viméo)


dépose minute 7

09/03/2021 combe madame avant le grand effacement

d’après l’annonce de personnes autorisées nous entrevoyons le bout du tunnel / se faire discret parmi les cimes pour voir comment c’est là-haut quand il n’y a personne / l’industrie des sports d’hiver fait grise mine et le jaune du sable dans la neige n’en est pas la raison / puis ses paroles restèrent en suspension / il s’est écoulé trois cent cinquante-neuf jours depuis le début de cette guerre / interrompues / il en est du contenu des grands discours comme de l’autoroute le long de la côte ligure soleil tunnel soleil tunnel soleil tunnel / peut-être avait-elle déjà oublié qu’elle les avait prononcés / en syrie on ne compte pas en jours et pour cette guerre aucun vaccin / ce jour là n’y voir goutte et du brouillard à l’instinct tâter les flancs / et puis un samedi les forces de l’ordre se déployèrent pour bloquer les canons sur les quais de la seine / comment est la pensée quand l’esprit se dissout et que l’âme fait ses valises / n’être pas plus avancé / le fait que les bras m’en tombent n’est pas parait-il un effet secondaire du covid / l’intensif de la neige de culture provient de canons à eau / découvrir les premiers émois de l’amour masqué / entrechoquer des ballons de rouge avec les flics face à l’hôtel du nord / toujours la même histoire les riches pleurent les pauvres trinquent / merde à la guerre / atmosphère / les pauvres ne trinquent même plus / atmosphère

09/03/2021 combe madame avant le grand effacement

illusion / désillusion

février 2021 / contre allée

Escarcelles infimes
qui laissez aux songes
des bribes de quatrain

Au travers de l’opaque
se dessine les destins
des passants effleurés

La semence réclame
l’ondée qui fertilise
les soupirs silencieux

Oreille prêtée
tympans en alerte
Le battement des ailes
et les galets foulés

Une rumeur
aux accents infléchis
secs et précis
Leur rythme sans faille

Rien
La chute d’Icare
sur le lagon doré
Les illusions rendues aux néants

La flaque insipide des ombres
La  réverbération des sens
Poignardée dans le dos
Et inerte
l’étincelle des yeux
déposée sur le sable humide

nouvelle publication d’un texte de 2014 (séries de poèmes « terre d’accueil »)