et qu’importe l’étrangeté du sang

28/11/21 Saint Antoine

Atteindre l’ermitage
et dès lors projeté hors
Ainsi Youza* dans les marais choisissant refuge
Ainsi Youza par le flux rattrapé
par le flux emporté

De l’humanité le pouls
cavalant sur un traict
revenant comme grande marée
et pris entre parenthèses
sur un pavé humide et froid
tu chemineras

De l’humanité le pouls
aux nuits sans lune
toutes les ombres semblables
et qu’importe l’étrangeté du sang

Dans ce tourbillon insensé
s’évapore tout récitatif
rues dévoilées
grains du chapelet en désordre égrenés
au brut d’une réalité revenu

S’agirait-il seulement
lorsque nous déterrons les racines
de détricoter l’historique
que le circonstanciel a enfoui

S’agirait-il

Mais le fugace enveloppe toute supposition
et écarquillé
je déambule
car les racines viennent et vont

Il est des indices
invitant mes pas aux façades du Marais
qu’à l’ermitage revenu
l’âge enveloppera

Il est des indices
et des plants bien ancrés
un récit sur ma terre devenue
qu’on poursuit en connaissance

Aux pavés l’eau ruisselant
Aux caniveaux l’issue des pauvres
l’étrangeté du sang toujours
des racines nouvelles
Géniteurs qui fuirent et enfouirent
bravant le regard des rues
en chuchotant de la langue de Pologne
un dialecte ou du yiddish
à Belleville ou ailleurs
qu’importe
destins déposés

Et n’en déplaise aux prélats
leurs faces blêmes
Qu’importe

(*) en référence à « la saga de Youza  » de Youosas Baltouchis, excellent roman lituanien

29/11/21 sentier

c’est au pouls qu’on reconnait la vie

27/11/21 friday in Paris

Finit par s’user
ce qui de nos mécontentements
en absence de discernement
se frotte aux pavés

L’œil rougi de chaque détour
Gorge sèche
Au savoureux qu’on espère
à son bord embarqué
l’enchevêtrement d’une époque

On voudrait
de ces reports qui s’accumulent
cesser de s’alarmer


On voudrait rendre si subtile
la trace
affiner le soupir
et laisser tel le papillon
la pensée sans dépôt
Juste
Justement
Mais la fragrance dissoute
Reviennent nos circonstances
les causes les effets

(Alors on entend trop fort
les poubelles s’exprimant
A la fin on n’entend plus qu’elles)


Des négligences de l’esprit
craindrait-on le pire


(Alors on répond dans le vide
S’user la voix

vainement)

De ce qui racle
on ramasse les lambeaux
La peine perdue

Fouille ce qui frémit
et alimente la veine
C’est au pouls qu’on reconnaît la vie

28/11/21 saturday in Paris

dépose minute 15

28/11/21 chaleurs

un nouveau et austral variant et l’indice CAC chope la crėve  / dans les rues de la capitale le froid la pluie et sur les bouches chaudes des humains sans toit / on peut tester à tour de narine /   faisant face au palais brogniard le café vaudeville /  l’exposition d’eva jospin au musée de la chasse et de la nature vaut le détour / on avance dans un décor de carton et de notre futur on perçoit le précaire  / dans la rame des êtres vêtus de noir regardent leur écran   / quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi des flics armés jusqu’aux dents devant l’autorité des marchés financiers / des tentes blanches partout et souvent personne dedans /  entrer dans les bars et sentir le pouls de paris / je n’aime pas la chasse n’allez pas croire mais la dame y expose du grand art / pas même un sans domicile fixe /des rades emplis de bouches ouvertes de bouches croisées et des bières/ l’avenir se lit-il dans la mousse d’une blonde / un euro et la bonne tête des gens de la croix rouge pour horizon / des enfants leurs habits de couleur / au paradis du mariage voisine avec une boîte d’intérim / merde à la bourse / santé

28/11/21 feux

dépose minute 14

25/11/21 au 111

Il est essentiel que votre masque couvre le nez et la bou…/ la houle ou l’étrange terre quand la peur au ventre on montait dans l’embarcation / l’ermite monta à la capitale pour sentir le tourbillon des hommes / pourquoi vivre jusqu’à cent ans / quel est ce sport qui consiste à viser avec des objets divers des types qui courent après un ballon / Châtelet…votre attention s’il vous plaît il est ess…/ si l’on ne se souvient plus du temps qui passe et des mots qu’on a dit ou entendu / l’ermite sortit de la bouche chaude et s’arrêtant pour lire son plan il regarda hébété cette foule désordonnée / des grillages comme des masques des murs d’illusions gagnées et perdues et aux frontières les corps qui sombrent /qu’est-ce qui au fond de l’être motive l’expression physique de la haine /
boulot métro dodo travail famille patrie et sur le trottoir d’en face le miroir d’une vitrine / je suis un extraterrestre dit-il / sur son visage le sourire d’une bienheureuse / la vie comme le sport n’aurait pu être qu’un jeu gratuit et sans profit / monde étrange / oublier et en sourire / étrange et étranger

dépose minute 13

13/11/2021/ Belledonne d’en face avant le brouillard

retour des « dépose » qu’en une minute on lit et que l’humeur du temps dicte

j’avais demandé un Bach et voici qu’on me sert du Malher / j’aimerais un minimum comprendre la situation sanitaire / la section 18 dit : une personne qui use de termes ou de comportements menaçants, abusifs ou insultants, ou les diffuse par écrit est coupable d’un délit si, cette personne a l’intention d’inciter à la haine raciale ou si la haine raciale pourrait être provoquée en conséquence / les dirigeants du CAC quarante pourraient toucher en moyenne un million et demi d’euros de plus qu’en deux mille vingt / treize est il un mauvais nombre pour cette dépose minute / souris même si dans ce brouillard humide et poisseux on ne voit à un mètre / as-tu perdu des lecteurs en route / connaissez-vous la merveilleuse allemande de la partita pour violon numéro un en sol mineur de Bach / des injonctions à l’injection et on passerait les fêtes au mitard / j’aimerais comprendre un minimum comment on applique les lois dans ce pays / madame la misère écoutez le tumulte qui monte des bas fonds comme un dernier convoi chantait Léo / tu perds encore des lecteurs je crois / treize / dans la symphonie trois de Mahler ces mots de Nietche : je me suis éveillé d’un rêve profond – le monde est profond, et plus profond que ne croyait le jour / toujours ce brouillard / justice où es-tu remisée / misère / souris quand même