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Tant qu’il nous reste les mots

Obéir aux consignes du gouvernement. L’injonction encore et toujours. On pourra, sur le bien fondé de ce nouveau confinement ou pas, s’user les dents, les nerfs et la salive, en regard du danger potentiel du virus ou pas, en regard des moyens mis en œuvre pour gérer le virus ou pas. La question n’est pas dans ces doutes là, elle est ailleurs.
En nous dictant, par un discours robotique digne du serpent Ka du livre de la jungle, notre destin cloîtré puis vacciné, Macron tombe définitivement le masque.
Et avec lui, ses compères Castex, Blanquer et Darmanin, Borne.
Aucune surprise d’ailleurs, le ton était donné sur d’autres sujets : sécurité, relance économique, croissance, laïcité, éducation, immigration…
D’un côté un discours ronflant et étudié, profondément moralisateur et culpabilisant, rigoriste. De l’autre des gestes d’aumône et d’humanité pour sauver la face, contraints par le désastre provoqué par les décisions sociétales et économiques prises.


Ce qui parait maintenant flagrant, à la concordance des évènements sanitaires et terroristes actuels, est le retour vers l’obscurantisme d’État. Le nouveau monde du macronisme n’a jamais autant ressemblé au monde d’avant les Lumières. Effacés la pensée pétillante, la philosophie, l’échange mutuel et inventif de connaissance…seulement un vulgaire livre de grammaire française et son académisme contraignant.
Le confinement. La décision est annoncée sous forme d’un discours qu’aucune monarchie absolue ne renierait. Qu’importe la décision, là n’est pas mon sujet. Ce qui importe, est l’arbitraire du choix, le global des dispositions et les conséquences en terme de société.
L’affirmation est sous-jacente mais non dite. Le seul modèle qui doit primer est le modèle consumériste et économique actuel. Macron et consort doivent le faire perdurer coûte que coûte. Aveuglement ou parti pris téléguidé, l’Histoire jugera. Les seuls portillons de sortie proposés : d’un côté le vaccin dont on sait le juteux marché, de l’autre, l’intégration forcée au modèle français certifié quel que soit nos racines.
Aucune remise en question fondamentale donc, renforcée par des dispositions pour sauver l’Economie française, via les entreprises, via le télétravail obligatoire et libéré des tâches éducatives puisque l’école est là pour s’occuper de la jeunesse.
Pauvre école, déjà massacrée par une politique instructive d’un autre âge, acculée maintenant à pratiquer un enseignement isolationniste dans un lieu sensé intégrer socialement. Pauvres enseignants qu’on plombe chaque fois un peu plus de protocoles intenables. Cherchez l’erreur.
Pauvre culture, pauvre enrichissement humain, puisque est fait le choix du productivisme comme modèle de survie, quoi qu’il en coûte…Ni livres, ni spectacles, ni apprentissage artistique, ni ….
Obscurantisme d’une pensée au pouvoir qui n’accompagne plus l’émancipation sensée des individus, mais les assujettit. Une pensée qui ignore la richesse des terreaux locaux, des initiatives éclairées, des astuces, des recherches en matière de santé alternative, d’une soif de savoirs, de rêver, de comprendre, de se nourrir culturellement. Une pensée qui n’invente pas des manières pour éviter la propagation du virus en incitant et en s’appuyant sur des savoirs faire locaux.
Obscurantisme d’une pensée de pouvoir qui fait de l’Étatisme une religion à part entière, tant ses serviteurs sont devenus grands prêtres d’une doctrine basée sur le libéralisme, et ne sont plus depuis longtemps les représentants du peuple. Comment alors vouloir définir et imposer une forme de laïcité avec séparation de l’église et de L’État, tant les dés sont désormais pipés et qu’aucune crédibilité ne peut être donnée au pouvoir actuel.
En conséquence, à l’identique des contraintes sanitaires sans nuances, à l’identique des violences policières inacceptables de 2019, ce qu’il reste comme solution au pouvoir actuel, pour garder sa place, est l’arbitraire et le répressif d’un côté, le charitable de l’autre. Ce qui, au regard des humains que nous sommes, est intenable et méprisant, et ne pourra qu’engendrer une palette de réactions allant des dérives et transgressions jusqu’à l’extrêmisme.
Du bien-être des habitants, nous sommes à mille lieues. Que la protection des citoyens face à la menace, terroriste comme sanitaire, soit mise en étendard pour justifier les mesures prises ont cessé depuis longtemps de me faire rire. Du traitement de ce nouveau confinement je n’aurai d’ailleurs pas l’humour.
Et pour l’avenir durable de la planète, circulez, il n’y a rien à voir…
Puisque fermés à clés, nous n’avons plus les lieux sociétaux. Si seulement internet pouvait accélérer l’éclosion d’une pensée partagée, alors le temps ne serait pas perdu. Tant qu’il nous reste les mots à dire…

31 octobre 2020


2 réflexions sur “Tant qu’il nous reste les mots

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