petites fugues et alinéas (2), 29 avril 2020

L’homme à la barbe poivre et sel a parlé.
Que n’a t-il pas dit.
Dans le même temps, on ne sait combien de décès, de malades, d’épuisés, de désespérés chez ceux qu’on nomme « personnel soignant ».
Dans le même temps lâchez les fauves
Dans le même temps nos aspirations placées sous l’oreiller.

un silence

long

Aux injonctions contradictoires
j’oppose le temps qui s’écoule
les images d’évasions passées
à pied à bicycle en voiture
et ce qu’aujourd’hui je peux en raconter

(avec une qualité supérieure quand le débit internet retrouvera sa sérénité)

 

 

19 avril , ne plus être là haut / la montagne « intérieure »

A force de raisonner un espace restreint
d’observer la proximité de la proximité
s’installe une autre approche de la géométrie des matières
La pensée fuit l’immense
cherche dans des mouchoirs de poche
l’arrangement qui émeut

Mais !

J’étais un parcoureur de cimes
De celles là qui nous aspirent
et qu’on retrouve d’instinct
quand la proximité des cieux
emporte toute autre considération

Du manque de ce vide
je m’échappe vers d’autres monts
inconnus
sur lesquels personne ne s’est aventuré.

du futur de l’intime dans ce qu’on m’intime : 18 avril

Narrateur : D’un  monologue , Il prit la parole
Et de sa parole prise nous fumes bouche cousue
et l’esprit, d’imprécations contradictoires, à hue et à dia

Plusieurs jours j’en fus interdit
Je restai interdit de ce qu’il m’est interdit
et  de l’usage des mots
pris congé

Des ordres qu’on m’intime
par principe je respecte la lettre
n’étant pas de ceux qui haranguant la loi Lire la suite

Intermezzo de Paques, 12 avril 2020

De tout cela on en plaisanta puis on en plaisanta moins
Chacun s’égarait dans les brumes de circonstances
et de sa psalmodie narguait la faucheuse
Y avait il seulement autre alternative

De ce fléau point de monument
juste des victimes juste des combattants
et la transparence des autres

On entendait déjà
(mais on entend tellement)
de leurs vaisseaux en rade
l’appel des capitaines à de nouveau souquer ferme Lire la suite

9 avril 2020 heures chaudes : savourer un goût tenu de printemps

Morceau par morceau
s
e détacher du miroir
et fouler sur le déroulé du temps
un dialecte imprévu
Ne traduire cette drôle de guerre
ni
dans le texte
ni dans le récit épique d’un monde qui s’écroule
D’un décodage singulier des faits
extirper le lent processus funambule

Savourer une ambiance de fin d’hiver
Après une hésitation
advient une affirmation Lire la suite

7 avril 2020 dernière minute avant fermeture : décrocher une lune d’avril ?

J’ai failli manquer le dernier bus
Le nez englué dans la narration du monde
je parcourais des mots
leur résonance engourdissait ma pensée

De toutes façons, il ne passe plus de bus
Ou bien si il en passe un de temps en temps
avec les évènements
le vide l’emplit Lire la suite

6 avril 2020 qu’importe l’heure : comment est-ce tout là haut quand il n’y a personne ?

Les jours défiant toute volonté
d’inhabituelles habitudes
emplissent leurs quartiers
On ne trouverait donc ici aucune matière à l’ennui ?
La vie réelle résiderait-elle dans cet appel d’air
lorsque l’urbanité de notre existence s’efface enfin
Mais
me rétorquera t-on Lire la suite

4 avril 2020 matinée : quand s’allonge la profondeur du champ

Quand la première partie d’une narration touche à sa fin

Bien qu’il reste à fouiller entre les murs
à approfondir ce qu’en leur sein
dans cette incroyable histoire

on devient
j’aspire à porter mon regard de nouveau par delà

Je vagabonde où s’égarent toutes rumeurs
Il est de ces journées qu’un été avant l’heure
dans nos montagnes Lire la suite

3 avril 2020, entre 7h45 et… : parce qu’on entend bien qu’il y a quelqu’un.

Curieux mars curieux avril
Juste une légère brise pour rassurer l’éphéméride
et la journée volage
Une de plus

Le jour s’allonge et cogne au carreau
rappelant au chat
qu’il serait judicieux de s’essuyer les pattes
avant de frapper Lire la suite