30 mars 2020 de 13h55 à 14h 55 : quelque liberté laissée aux courants d’air

Chronique tenace et photos de la veille.
(Les portes ouvertes offriront leur béance à la toile ce jour, Alain Doucé en partageant la proposition sur fbk. )

 

La grisaille glace les doigts
renvoie à l’intérieur de l’intérieur
En conséquence
le mètre apprend la loi de la relativité
La rétine lui emboîte le pas

Ailleurs les quartiers s’occupent d’habitudes récentes
Ailleurs des souffles s’altèrent
Ailleurs des mains des bouches l’usure des articulations

Je laisse aux courants d’air intérieurs
quelque liberté

29 mars 2020 zapping : jour de paix entre le marteau et le carreau

Zapping d’un jour écorné dès la première heure et qui n’a jamais rattrapé ce qui lui a échappé.

Anticiper sur les frugalités à venir
et par habile recyclage
envisager quelque endroit chaleureux
pour qu’en nos altitudes
la terre soit généreuse

Puis jour de repos oblige
divaguer de ci de là.

 

 

28 mars 2020 de 12 à 13 : perception des limites par l’esthétique accordée aux clôtures

Titre alambiqué mais qui dit bien ce qu’il veut bien dire.

Au commencement, j’imaginais une chronique quotidienne conçue avec pondération, malgré l’état d’urgence : une lumière nouvelle concédée à l’essence des gestes du quotidien .
La durabilité s’installe à présent, m’invitant à la perspective, à l’endurance, au sens.
Seulement voilà.
Où se situe le travail artistique ? Où placer la mise en lumière, le point de vue décalé, le fil conducteur ?
Est-il seulement possible d’instiller un semblant de cohérence à la succession des jours ?
A moins que ce qui se déroule par delà nos murs sidère tant, qu’il soit impossible de dépasser notre état d’âme
?
Ou plutôt, à moins que ce qui se déroule là, brise les frontières et les codes de l’imaginaire et qu’il nous faille chaque jour explorer à tâtons cette part de nous que nous ignorions.

Continuons donc à tâtonner avec les clichés du jour.

27 mars 2020 toutes heures : contenir le paradoxe

A l’exceptionnel, chronique paradoxale donc.

S’isoler et perdre la sensation d’autres existences
Paradoxe que nos existences
Pour vivre
confiner notre attention au proche
durablement épurer le lien
estomper le distant
au risque d’en perdre l’empathie
tout collectif dissout

Un voyage en solitaire en quelque sorte
Que seront nous devenus à la fin du voyage ?

Il y a 7 ans, à l’issue d’un voyage de trois mois le long de l’océan, je réalisai un court opus intitulé « que serons nous devenus quand nous serons rentrés chez nous ? ». Avec un parfum d’évasion, il sonne étrangement ce jour.

 

26 mars 2020 9h32 : fragments d’errances

poursuite de la tentative

Si tôt
s’agacer même de ton ombre
imposture qui te suis pas à pas

Par les soustractions faites au droit
sentir le sol se dérober et le vertige gagner

Dilution des minutes
Rattraper le fil au vol
Accrocher la rétine au possible

S’étonner alors
d’une curieuse journée
entre quête d’un chant d’oiseau
et féline paresse

24 mars 2020 durée fragmentée : continuité pédagogique ?

Et quand tout cela finira
saura t-on
si pour les enfants de la patrie
cette rupture améliorera les résultats de l’enquête PISA*
*Enquête internationale sur les élèves âgés de quinze ans. Les résultats de la France se situent en bas du top 20, légèrement au-dessus de la moyenne de l’OCDE. Mais l’Hexagone reste la championne des inégalités entre élèves.

 

 

 

 

22 mars 2020 entre 9h64 et 14h-2 : où il est question de la ténacité des vitres

Tentative de chronique où il n’est pas question encore une fois de braver l’interdit

Des vitres
s’habituer au permanent
au jeu de cache cache qu’on s’autorise
à l’égarement de l’oeil par delà les limites
et pour tromper le rituel
promener les chassis dans un rayon raisonnable
Faire croire à l’agent
prompt à la verbalisation
qu’on est ici chez nous
Et l’observer lui aussi sortir de ses gonds
Puis d’un clin de paupière
le rassurer sur nos intentions

21 mars 2020 entre 9h51 et 10h33 : transgression des règles

A défaut de tentation, tentative de chronique (suite)
Que l’on se rassure, ceci n’est pas un appel à la désobéissance civile.
Il y a un temps pour chaque chose.
Celui des libertés qu’on prend attendra
celui des comptes qui se règlent patientera.
Ceci est un appel aux songes
A ce qu’en nos maux
Ils soignent le chagrin

Au Go
pour neutraliser l’adversaire
créer une frontière étanche
Confiner en quelque sorte
Toute similitude n’est-ce pas ?
Saint John Perse écrivit ce poème
S’en aller ! S’en aller ! Paroles de vivant
Alors transgressons