Forcément (2)

Suivent d’autres matins

Le jour s’enlise entre ubac et adret
d’ordinaire l’épaisseur des nuées
A contenir l’heure
on s’attarde sur le liseré
Forcement entre chien et loup on s’égare
On sait dans le vide de l’attente
qu’un matin similaire
clés en main on a lâché l’affaire
Du deuil des illusions d’autres feront ripaille
tant pis ou tant mieux

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loin des rumeurs des caddies

Au furtif des silhouettes
les trottoirs dérobés
la solitude des parvis

Des salles obscures
rien ne filtre
Sur leur miroir terni
le blanc d’une page
Au vol des mots dont on devine le vide
et on passe son chemin
le regard rendu à d’autres abandons
L’innocence d’un passé qui s’estompe
une lessive sans pitié pour les sentiments
et l’incertitude qui étreint Lire la suite

voguer (partie 2)

L’été dernier, entre deux fermetures de frontières, j’ai eu la chance (entre autre) d’être à bord d’un voilier, et de longer la côte novégienne entre Tromso et Trondheim. Retour en poésie visuelle sur ce voyage dans la vidéo qui suit.

Dans le souffle qu’on n’ose

Il règne dans l’air qu’on respire
dans le souffle qu’on n’ose
un parfum d’absence qui pèse et enveloppe
De son insistance on borde son chemin
Azurs défunts et onde des champs de lin
balancé par le regard suivi
Roulement de tambour des nuées qui affolent
Vent qui pique quand la bouche goulument
avale la folie
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Rester là

Par delà le nuage ne pas aller voir
si le soleil existe encore
Au delà du champ du voisin ne pas pousser
Au seuil la fête a posé ses tréteaux
et de mes lèvres aucune autre considération

Clichés de proximité, très frais du matin, et doigts bien engourdis en fin de séance.

Novembre d’outremer


Novembre prolongeait sa sieste
Sur la nappe les reliefs et les moineaux tardifs

D’indolence nous couvions les braises
papillons d’incandescence que le vent déposait
sur le drapé de nos couches
Aux excès des exécrables
nous tenions dans le giron du silence
pour toute révolte
un dialecte du mépris
Pour marque de dignité les narines au vent des cimes
invitant la courbe des vertèbres
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Hors de question de…serrer la vis

Hors de question
L’injonction, dans l’articulation précise des mots qu’elle contient, me retire avec violence toute capacité à choisir mes actes.
Serrer la vis
Son utilisation délibérée, visant à me tenir sagement, contient toute la menace des peines que j’encourrais en cas de non respect de l’injonction initiale

N’autoriser en rien toute interjection d’aucune sorte
prononcée à l’abri d’une paroi de particules électroniques
qu’en des termes portant atteinte à la dignité du citoyen
l’homme d’État pourrait proférer à mon encontre
dans le solennel d’une allocution.
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Exception faite

Exception faite des temps d’averses des matins de paupières lourdes des douleurs qui font hésiter des travaux en cours des messages urgents des choses non essentielles à dire ou à écrire … je sors
Exception faite des chasseurs des accompagnateurs des moniteurs des impératifs des professionnels de BTP des vendeurs d’essentiel des acheteurs d’essentiel des déposeurs de déchets des dames messieurs pipis des toutous des personnels de santé publique des enseignants des apprenants des trafiquants d’attestation des fumeurs de clope des promeneurs de santé publique des attestés de tous poils des gendarmes… je ne croise personne Lire la suite

Tant qu’il nous reste les mots

Obéir aux consignes du gouvernement. L’injonction encore et toujours. On pourra, sur le bien fondé de ce nouveau confinement ou pas, s’user les dents, les nerfs et la salive, en regard du danger potentiel du virus ou pas, en regard des moyens mis en œuvre pour gérer le virus ou pas. La question n’est pas dans ces doutes là, elle est ailleurs.
En nous dictant, par un discours robotique digne du serpent Ka du livre de la jungle, notre destin cloîtré puis vacciné, Macron tombe définitivement le masque.
Et avec lui, ses compères Castex, Blanquer et Darmanin, Borne.
Aucune surprise d’ailleurs, le ton était donné sur d’autres sujets : sécurité, relance économique, croissance, laïcité, éducation, immigration…
D’un côté un discours ronflant et étudié, profondément moralisateur et culpabilisant, rigoriste. De l’autre des gestes d’aumône et d’humanité pour sauver la face, contraints par le désastre provoqué par les décisions sociétales et économiques prises.

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