Un souffle

Un vent dont j’ignore le nom
Prend la pente à rebours
Depuis le crépuscule
L’insatiable violence
De la gifle
Et le blanc à l’horizontal
Dévore la peau noire qui se risque
Hors du vêtement fatigué

Pour conjurer l’effroi
Là haut
Où maintenant je suis
J’oppose un air enfantin
Sifflé au secret de mes lèvres
Celui que ma mère chantonnait
Là bas Lire la suite

c’était la Dolce vita

Chaque voyage est en quelque sorte un prétexte pour raconter ensuite une histoire.
Raconter une autre histoire.
Le dernier en date (certes bref) n’y échappe pas:
Un égarement sur l’idée de construction/déconstruction de notre civilisation, le charme improbable et éphémère des murs. L’humanité en perpétuel mouvement dans une ville où chaque regard interroge  passé et  futur.

Une vidéo poétique de 5mn30 à voir sans chercher à monter le son (volontairement faible).

 

Entre vestiges et vertiges

Fin août
Valgaudemar

Au matin
Entre vestiges et vertiges
Dans les  brumes tenaces
J’avançais

Alors que l’invisible persiste
J’entrais dans un monde précaire et fascinant
Effleurant le domaine des fées et des farfadets

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Au soir
Le voile dissout par la chaleur d’août
Entre vestiges et vertiges
A l’aplomb des glaciers
Leur fonte désespérante
Aux instants opportuns
Où les lieux font de l’oeil à l’âme Lire la suite

là où je suis

là où je suis
nulle part ailleurs
sur un espace
qui dans la seconde m’appartient
et dans la seconde suivante
sera soit celui d’un autre
soit déserté

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là où je suis
vraiment
et pour m’en persuader
pour contraindre la fuite du temps
je quitte un instant
cette posture qui pousse le regard vers l’espace suivant

pliant l’échine
je m’attarde

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ai-je seulement
prêté quelque attention
partout où j’ai été
à ces infimes propriétés éphémères
n’ai je pas
par négligence ou mépris
oublié l’hommage
aux choses ordinaires
asiles de mes déposes
zones d’atterrissage sécurisées
garantes de ma verticalité
sans lesquelles
ma chute serait inévitable

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29 juillet à 20h48 précises

Si loin
Si loin parfois
Quand au pesant l’esprit s’affaire
Si loin qu’un détour du regard n’y suffit

Et nous cheminions au large
Dans l’usure des rituels
Toute saveur endormie

Souvent je devrais me dire ceci
Plus souvent
Je devrais me dire
C’est la toute première fois

Telle la rencontre qui émeut
Lorsqu’à l’imprévu
L’âme sœur échange le sourire
L’instant fait son ouvrage





il n’auront pas ma gauche

quand j’avais  cinq ans une personne que ma mémoire a transformé en ombre
a attaché ma main gauche à un objet fixe pour que j’efface ce réflexe inné
qui me poussait à faire agir ce côté là de ma personne
sous le bâillon les larmes coulèrent la rage enfla
et  l’emprisonnement fut l’un des déclencheurs de mon insoumission et de ma créativité
certes aujourd’hui encore par un effet secondaire incontrôlable je confonds ma gauche et ma droite et m’embrouille dans le chemin à suivre
ce doute  pourrait passer pour le temps donné à la réflexion avant le choix
une qualité en quelque sorte
mais en aucun cas et par un autre effet secondaire je ne confonds LA gauche et LA droite ceux qu’on veut soumettre et ceux qui soumettent  et d’un vrai gaucher qu’on a contrarié je suis devenu et  farouche gaucher et gauchiste invétéré

post scriptum
pour éviter de serrer la main droite je suis de ceux qui font la bise

un été 42

Edito du mois pour Radio Grésivaudan:

Vivement lundi! Non, vivement mardi parce que lundi c’est 8 mai et dans le contexte politique actuel, la commémoration de 45 ne sera pas de tout repos. Donc, vivement mardi, qu’on en ait fini, qu’on en soit sorti et qu’on cesse enfin de l’entendre et de la voir à tout bout de champ.
Parce que ça suffit!
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un bout de papier

deux mains qui plient un bout de papier qui le glissent dans l’enveloppe puis referment l’enveloppe et l’une d’elle l’introduit dans la fente de l’urne

et l’enveloppe tombe
brutalement
hors de portée

dedans
ce qu’on a cru
ce qu’on a cru entendre
ce qu’on n’a pas voulu entendre
la rumeur résiduelle d’un flot de paroles exacerbées
les quotients d’une arithmétique lamentable
le monde au travers d’une focale embuée
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