Premiers pas

Rue des Francs Bourgeois
L’ironie des mots en bandoulière
Je déambule dans l’aube de ma vie
Dans le théâtre de mes premiers pas
Bien avant que ne m’accompagne
Le silence des cimes

L’hiver sans sourciller
Déchante
L’haleine humide et tiède
L’hiver tout de maladive timidité
Se délite
En cataractes promptes et fugaces

De Saint Paul à la rue du Temple
Je cueille les gouttes de l’insolite
Dans les volutes des souvenirs diffus
Qui rend au bitume de mon enfance
Allure de légendes
Peuplées de vieux taxis sévères et d’arrière boutiques mystérieuses

Place
de
la
République

Mes songes se dissolvent
Dans le reflet souillé
Des eaux troubles
Et des larmes déposées

Sur le papier glacé des kiosques
S’affiche le triomphe des puissants
Renvoyant à leur culpabilité
Les natifs des terrains vagues