livraison de Noël

Dernier édito de l’année, lisible sur le site de radio Grésivaudan dès vendredi.

Chère lectrice et cher lecteur, j’apprends que le ci-dessous texte restera en ligne deux semaines, congés radiographiques obligent , et donc pour me faire pardonner ce léger désagrément, je vous offre deux lectures en une puisque je vous fais le pari qu’une fois parvenus au bout du texte qui suit ce préambule, vous le relirez aussitôt. Vous doutez ? Top départ !

lire le texte en entier

A l’ultime instant, retrouver le jour et la grâce

Ce furent
Des fragments d’araméen
Gravés dans la pierre de nos ancêtres
Ceux qui nous apprirent l’art des plantes domestiques
Dont les mots laissèrent des traces
Instruisirent les pensées
Et ce qui fut
Et ce qui sera

Voici que des ruines de l’antique berceau
Nous atteignaient les grands tourments
Les liens rompus
Et le discernement balayé dans le vent du désert lire la suite

Matin d’ogive

Au matin une brassée d’ogives
Et ne subsiste entre nous
Ni soleil ni orbite

Les astres invisibles
Où est cette lueur
Qui nous guidait alors

Et des béantes brèches de la cale
Des baillons en lambeau
La parole coule à flot
Sans source ni réserve

Hier ma langue cristalline lire la suite…

Manquerait plus que l’on se taise

C’est sûr que certains jours, on tenterait bien l’ermitage et la contemplation ad vitam æternam…
Mais c’est ce qu’ILS cherchent? non?

Alors je puise dans quelques réserves mises à l’abri des vents contraires, et…

http://www.radio-gresivaudan.org/Editorial-du-13-au-20-novembre.html

L’ancre Nomade: regard sur les migrants

J’ai cherché
Au cœur de mes atomes
Vos traces de pas
Balayés par les vents
Et la lente métamorphose des sens

J’ai regardé en face
La peur ancestrale
Celle que votre sang
Dissémina dans mes gestes
Et rendit longtemps mon nom
Si lourd à porter ici

De cette fuite ancestrale
Hors du sol de Pologne
Il subsiste le lien étrange
Qui m’unit à ma terre
Celle que je ne parviens pas
A rendre tout à fait mienne
Et ces fréquents départs à l’aube
L’insatiable curiosité
Pour d’éphémères ailleurs

J’aurais voulu sentir
Ces tous derniers matins
Sourdre des tréfonds de mon âme
Une once de compassion
Mais ni surprise ni peine
Juste l’immuable et le répétitif

En 2008, j’ai peint une série de tableaux « pour Mémoire » en lien avec cette histoire de « racines » qui est mienne.
Parmi eux, « la marche des morts » (tout est dit dans le titre)

acrylique 45x60

On peut aussi relire « Asile », écrit il y a deux ans. C’est peu de choses, c’est autre chose.
https://jeanmarcfeldman.wordpress.com/2014/07/22/asile/

Ponts et chaussées

Des routes. Pour un dernier chapitre.
Comme une image récurrente. Depuis quelques années.
Parce qu’elles sont le fil.
Et des ponts, des passerelles entre les existences.

Ponts et Chaussées et cantonniers
Devenus DDE puis Département.
Services publics d’austérité.

D’une ligne sur une feuille
Tracée à l’instinct
Nous dessinions une géographie nouvelle
Notre mine de goudron fondu
Glissant
Dans un cliquetis régulier

L’à peine perceptible
Si loin
Et déjà passé
Fuyait dans notre dos
En lignes parallèles et floues

Étranges étrangers
Dirait Prévert
Qui ne laissent qu’une trace infime
Sur notre sol

 

Palette éphémère

Cette narration reste fidèle au voyage. Chaque route empruntée dicte la suivante.
Nous traversions, à l’allure modérée qui lui sied, nez à l’air, un pays de terre.
Aux tons, chaque matin renouvelés, au fur et à mesure que la saison avançait,  selon que l’on se trouvait élevé ou non par rapport au niveau de la mer.

Est-ce donc cela  l’esthétique qui
A l’oblique du soleil
Sidère le regard que l’on pose

L’industrie faite du sol
Ses petits arrangements morbides
Avec les générations futures
Le gain
La survie
Le regard fixé sur le labeur
La solitude de l’ouvrier agricole
Son langage incertain
Égaré entre deux sillons

Service (public) et « ce qui fut »

Titre « faute de mieux ».
Délaissant, cette fois-ci les lignes de métal des bâtisses modernes, j’avais décidé de m’attarder sur ce qui est et fut l’économie locale des villages et petites villes traversés.

Dans cette quête
Il y a comme un air de Raymond(s)
Du photographe admiré des villes sans atours
Des campagnes inconnues
Et de l’idole de l’enfance
La radio des après-midis indolents
D’une France traversée en second
Et ce retard
Toujours
Sur le vainqueur

Qu’aurions-nous pu
Sans les alimentations sommaires
Service public du nutritif
Bureau d’échange des vies marginales

 

De la géométrie des lieux, l’eau a écrit tout théorème

Suite ou interlude ou apéritif des bribes de cet aller retour cycliste Alpes Océan.

Ainsi nous devisions
L’eau et moi
Des raisons
Des ascensions qui
Dans l’effort
Puisent les éclats de volonté
Des plongées qui
D’enthousiasme
Soulèvent les frissons

Puis
Tenant ma main
Pour conduire à plus loin
Bordant la lisière
Du chemin emprunté
La rivière plongeait mon regard
Dans le sien

Au loin le retour

C’était en juin
La porte refermée et la route au devant
Les Alpes qui s’estompent
Tout ce mois là

De la porte à l’océan
Et de l’océan à la porte
Mézenc Margeride Aubrac
La rivière Lot jusqu’à la Garonne

L’écume qui s’efface dans le sable
Et la ligne de la plage
Infinie

Dordogne jusqu’au possible
Cezallier Forez Pilat

Comment raconter cette liberté
Les lignes de fuite
et la limite entre le net et le flou
Quand la bicyclette ouvre l’air en deux

Un jour surement