augure

mi juillet 2021 / en berne

Ces jours en berne
l’épi et le pétale
la peine d’un ressort mal arrimé au ciel
Perdure une saison d’arrière garde
et cette mollesse qui
au chapelet de perles suspendues
sans éclat terrasse toute fierté
Je vais à travers
trempant les chausses et d’humidité
chargeant la toile du pantalon
Un chemin d’usage qui d’habitude pousse à la rêverie
Au passage
délestées de leur charge
les tiges dressent le nez
d’une précaire audace

J’entends ceux qui exhortent
toute inquiétude au front
toute raison qu’à l‘infini on débattrait
bordant la pensée au carré


Si tout était si simple
le commencement et la terminaison
le chemin qu’en foulant la matrice
d’une saignée d’ignorance
on trace à la serpe
Si seulement on savait
de la vie la mort et ce qu’entre
on questionne pour ne pas s’effondrer
Si tout était si simple


Ce matin
au répit qu’offrent un instant les cieux
la gerbe de vigueur
se fait plus présentable
Tenace s’exhale du sol
une chaleur moite
qui déjà charge le ciel
De la nature de l’augure
j’interroge la toile
De sa réponse l’humeur

une ligne de démarcation

Juillet 2015 / Chalon dans la rue : Hêtre

Inspiration

Du diazote et du dioxygène
entre dans mon intimité
l’indispensable d’un atmosphérique partage
et mes yeux se portent vers les bonheurs du jour
sourires et déambulations
audaces qui du rire ou de l’exclamation
enhardissent l’envie

Expiration du diable


Mon être exhale une part de moi
l’empreinte d’une méfiance
qu’on dénude dans une bulle
quand pour prétexte d’une exponentielle
on instrumentalise le souffle
L’intégrale d’une désinfection
Contrôles et surveillance
Purification de l’être
Ausweiss

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méandre (6)

Par les berges par les halages
entre orge et maïs
futaies et marais
dans l’inconnu des visages
les pistes s’éparpillent
Loin du jardin d’Eden
les destinées aux contours indistincts
croisées sans s’entrecroiser
Le déterminisme d’une naissance
et la terre bon an mal an
qu’on occupe désormais
Au sinueux du tracé
le voyageur tel le plus petit dénominateur commun
qui malhabile exposera à la lumière
si peu de perception

Lorsque

D’un chapeau de paille
celui-ci protège l’inconfort d’une sieste
le mur décrépi pour couche
Celle-ci mi-enfant mi-adulte
éperdue d’alcool et de désamour
rattrapée au col par une samaritaine
sa langue balbutiant le chaos des échecs
Eux dans l’usure du corps une étincelle intacte
retrouvant dans nos gestes
les frissons d’un temps à peine flétri
La remorque d’un tracteur
toute de hâte tirée
résonne sur les planches du pont
Prendre l’orage de vitesse
D’une pétarade l’embarras d’une virilité naissante
plongeon démonstratif et l’exagération dans le rire
Aux demoiselles la densité de l’âge
dissout les parades masculines
Retour au bercail d’un début d’été
Aux rives le dimanche
un bruissement
Les gaules en bouquet fouillent le saumâtre
l’attirail en ordre de marche
A l’odeur des grillades
tout fleure l’habitude
D’autres de passage
maisons de retraite mobiles
dans le songe des rituels
toutes antennes brandies
Un solitaire marcheur
ses paroles à fleur de peau
dévide au débotté le silence des jours
Par intervalle
elle s’efface puis revient
trompant notre silence
ajoutant une pièce au puzzle de ses tracas
Une autre soudée au fauteuil
aspire le repos avec sa paille
avec pour horizon l’agitation d’un écran
Lui se fabrique un univers entre enclot et clope au bec
Eux imperturbables bravent l’ondée
tout pépin toute capuche tout toutou mouillé
petit trot cabas plein cigarette foutue
Lui d’un apéritif la parole déliée
épouse ses sentiments au plus près de la langue
Une autre vie qu’on consume
dans la gomme des pneus
hurlement d’un bolide au hasard d’un virage
Elle ploie à l’imprévu
masque tout accroc sous un foulard de crainte
Eux veulent comprendre
de l’attelage inspirent leurs espérances
Et tant d’âmes
déposées sur la carte
autant de centres de gravité
livrés au mouvement des astres

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un bon samaritain

N’en déplaise (ou n’en déplaise pas) aux suiveurs de ce blog, je fus croyant et de la parabole du bon samaritain je dus, crédule enfant que j’étais, un nombre non négligeable de fois, en suivre la lecture et l’homélie .
J’y ai vu un message de solidarité me semble t-il. A mon insu, il m’en est sûrement resté quelques séquelles.
Habitants à l’époque au nord de la banlieue nord de Paris, d’un milieu modeste mais profitant de l’essor des trente glorieuses, nous suivions notre mère dans les magasins parisiens dans le but de nous équiper, ainsi que notre demeure, de pied en cap. Internet n’existait pas, Amazon et consort non plus, le Marché Saint Pierre, Tati, le BHV et la Samaritaine faisaient donc partie des passages obligés, leurs tarifs correspondant au contenu de la bourse familiale.

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méandre (5)

03/07/ 21 lac du Bourget

Il nous faudrait nous résoudre
à abolir ce qui en nous trépigne

Un rectangle sur les lèvres et un point sur l’épaule
toute figure de style
d’une plaine sans atour


Vivre n’est-il pas
du cercle comprendre la source
le point d’origine et l’azimut

Peux-tu échapper aux ébullitions
que génèrent l’absurdité des rapports de force

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méandre (4)

01/07 Prémanon

Ici le gras d’une herbe
qu’un printemps généreux verdit
nourrit en abondance
le troupeau
toutes clarines rendues
à l’écho d’une combe
polyphonie soutenue et aérienne
Par delà
en bordure d’un ciel nauséeux
volutes creusées et ténébreuses
l’aléatoire d’une ligne
crêtes désertes au vent lissées
Et entre
d’aussi loin que porte le regard
de gauche à droite
la frange profonde des épicéas
le roux des cimes aux rayons du couchant

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méandre (3)

25/06 Petite Meurthe ?

Dans le tapage
d’un juin sans boussole
nous avancions
L’été naissant
impatient d’en découdre
sonnait la charge plus que de raison

Nous avancions
remontant les rivières
De ce vagabondage le flou
L’insistance d’une échappée
quand sur les bordures
se glisse furtive
la perspective

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publication

Sur la route une borne
telle une entorse faite à la résignation
J’avais laissé là
avec l’incertitude qui sied au geste
une partie de moi
Et voici inscrit ici
la modeste obole

L’appel à écrire de Daniel Brochard a résonné en moi. Sa forme, l’interpellation et l’engagement.
J’ai plaisir à partager avec vous ma première participation à une revue, qui de plus fait sens pour moi.
Une revue fragile qui a besoin d’être soutenue.

La route etait délicate
et nous manquions de cette délicatesse
qui embellit les
âmes
Aussi nous réprimes la route

méandre (2)

22/06 Fontenoy le Château

Au drapé d’une lessive
au courant d’air qui chavire l’arrondi
la science d’un assemblage de tons
que renvoie la lumière d’un matin
L’existence

Vois-tu ta jeunesse
ces parades tapageuses
qu’éxacerbe un été en fanfare
Les rires les confidences
les éclats sans semence
Autant de promesses
autant de fils de filles prodigues

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